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Patrice Emery Lumumba à la recherche d’une valeur refuge

Comprendre bitcoin dans sa complexité est digne d’un exploit. Il est presque impossible de s’assurer que monsieur tout le monde comprenne le sujet sous tous ses aspects en tenant compte de la pluralité des enjeux qui sont à la fois économiques, sociales, technologiques, philosophiques, etc. Comme certains le disent : « Plus on pense comprendre le sujet on se rend compte qu’on n’en sait pas grande chose ».

Il est donc important de faire preuve de créativité dans la façon de vulgariser Bitcoin. Dans ce cadre, Chainglob lance un programme dont le but est de parler de Bitcoin par l’art. Ceci résulte de notre collaboration avec Styve Kavayirwe, un dessinateur bien connu à Goma (RDC).

Ainsi, Styve va couvrir de peinture les rues de la ville, exposer des tableaux et une bande dessinée est même prévue ; le tout pour vulgariser bitcoin. Aujourd’hui, nous vous présentons son premier travail réalisé il y a quelques mois.


 Ce billet de banque n’a pas disparu de souvenirs des congolais, les visages de ces trois hommes enchainés non plus. Il s’agit bien du billet d’1 franc Congolais ; quant aux enchaînés, au milieu Patrice Emery Lumumba et ses camarades tous connus pour avoir été des ténors de la lutte ayant conduit à l’indépendance du Congo (RDC) dans les années 60.   

Il suffira d’être un peu curieux pour réaliser que l’œuvre d’art (qui illustre cet article) reprend un Lumumba dans la même position que sur le fameux 1 franc à la seule différence qu’il est libéré de ses chaînes et fait la lecture assis sur des billets de banques.

Ce qu’il faut savoir de l’émission des bitcoins


 Le 1 Franc Congolais, comme la moitié de billets sur l’image ci-haut, n’est plus en circulation au Congo car ayant perdu son utilité. L’idée de Styve était de présenter un Lumumba frustré par la dépréciation du seul billet de banque qui reprenais son visage dans le but de préserver son histoire loin de l’oubli collectif. Il veut comprendre ce qu’est la valeur, c’est d’ailleurs pour cette raison que l’œuvre se nomme "value" (valeur en français). 

Un petit zoom sur l’image vous fera remarquer que le héros national Congolais tient un bout de papier sur lequel est inscrite la fameuse formule   . Cette dernière explique le mécanisme derrière la politique d’émission de bitcoin.

En effet, la génération des nouveaux bitcoins résulte du minage, une activité qui consiste à mettre en jeux sa puissance de calcul informatique afin sécuriser bitcoin, valider ses transactions et tirer profit de la récompense de bloc et des frais générés par chaque transaction.

Chaque 10 minute environ, un bloc valide est trouvé par un mineur. Pour le récompenser, les frais de transactions incluses dans le bloc ainsi que des bitcoins fraichement créés entrent dans son portefeuille. La politique d’émission de bitcoin est entièrement basée sur ce processus.

Chaque 210 000 blocs (environ 4 ans), le taux d’émission de bitcoin est réduit de moitié. Ce phénomène s’appelle le halving. Au lancement du réseau (Janvier 2009), chaque validation de bloc enclenchait la création de 50 nouveaux bitcoins. Aujourd’hui, 3 halvings ont eu lieu, ce qui a fait passer la récompense par bloc à 6.25 bitcoins.

Vous l’avez certainement compris, plus le temps passe il y a moins de bitcoins émis et le plus intéressant est qu’il n’y aura jamais plus de 21 millions de bitcoins car seul 32 halvings sont prévus. Cela signifie qu’au-delà des années 2140, les mineurs se nourriront uniquement des frais de transactions.

Lumumba est donc intéressé par la rareté du bitcoin car la dépréciation de monnaies étatiques est due aux taux d’inflation élevés. Le fait pour les banques d’en imprimer sans se fixer des limites entraîne une perte de valeur. C’est bien la cause de la disparition du 1 Franc Congolais.

Bitcoin a été créé pour répondre à la gestion irresponsable de l’impression monétaire. C’est pour cette raison que son symbole est gravé dans la lune qui éclaire Lumumba, assis au centre d’un espace vert car contrairement à ce qui se raconte dans certains médias, bitcoin ne constitue pas un désastre écologique. Les aventures de Sébastien Gouspillou au Congo constituent la preuve éloquente. Il en en parle en détails dans le podcast univers bitcoin, une émission que vous devriez découvrir. 


Gloire W

Salut, c’est Gloire

J’entends parler du bitcoin et de sa blockchain en 2014. C’est après la bulle de 2017 que je m’y plonge avec passion, j’en fait mon sujet d’étude.