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Ces milliards destinés à la destruction détournés à la Banque Centrale du Congo

Dans notre précédent article nous vous rappelions que « les institutions censées nous protéger n’œuvrent pas si loin d’activités illicites ». Comme pour soutenir nos propos par un fait, un scandale (pas étonnant pour nous) impliquant des agents de la Banque Centrale du Congo (BCC) vient d’être révélé.  En effet, Radio France Internationale (RFI) a mis la main sur un dossier qui met à nu le détournement des milliards de Francs Congolais qui devraient rejoindre l’incinérateur.

 « Les ordres venaient du chef »

Les évènements se passent en 2019 au sein même de l’agence provinciale de la BCC à Lubumbashi. En cause, une vingtaine d’agents. Ils ont pourtant nié l’un après l’autre leurs responsabilités dans cette affaire devant les auditeurs dépêchés sur place par Kinshasa. Au pays où les « titres » font l’objet d’un prestige envié, jamais on n’a vu des personnes s’en méfier autant.

Selon les informations de RFI, un dénommé Kiyembe Kamembe qui est responsable du bureau informatique de l’agence aurait coupé les caméras de surveillance au moment de la livraison des billets de banques (destinés à être détruits), ce qu’il n’a pas nié. Il affirme par ailleurs avoir reçu cet ordre de son supérieur hiérarchique.

Des mêmes comptes rendus d’audition (auxquels RFI a eu accès) on apprend que Ntumba Mujanayi, responsable du broyage, aurait fait une fausse déclaration sur le nombre de colis broyés. « En poursuivant les images données par la caméra no 35 du couloir, nous avons fait voir à M. Ntumba Mujanayi qu’il n’y avait que 14 colis sur les 18 qu’il déclarait avoir broyés ». Le concerné a rejeté en bloc ces affirmations ; il signale également que les fiches, qu’il ne faisait que signer lui étaient transmises par son supérieur.

Un autre agent de la banque affirme que « la demande de signature était sur ordre du directeur provincial » qui à son tour se défend en soutenant qu’il est toujours le « dernier qui signe » avant de poursuivre : « Ce sera étonnant que vous demandiez au directeur provincial de compter le nombre de briquettes par sac lors du broyage ».

Il ne s’est passé rien de nouveau à la BCC

Contacté par RFI, un ex employé de la banque souligne que ces genres de dossiers ne sont pas nouveaux au sein de la banque. « L’an dernier, il y a eu plusieurs alertes, pas seulement à Lubumbashi ». Selon la même source, ces genres d’opérations puisent les origines dans une époque bien lointaine. « Ça se fait depuis l’époque de Mobutu, mais aujourd’hui, surtout, l’impunité est consacrée, chacun place ici ses parents qui sont là pour capter les ressources… ».

Cette nième révélation démontre l’existence d’un haut degré de corruption au sein du système bancaire Congolais. Des individus impriment donc des quantités de monnaie qui vont droit dans leurs poches, une façon (pas drôle) de remuer le couteau dans la plaie d’une pauvre population qui paie déjà un lourd tribu suite à la dépréciation sans arrêt du Franc Congolais depuis des années.

Le plus inquiétant est qu’un an après, rien n’a été fait pour punir les auteurs de ce détournement, comme l’indique Me Timothée Mbuya de Justicia Asbl. « Tous sont là, encore à leurs postes, il n’y a aucune trace de procédure au niveau de la Justice, cette affaire a été enterré.»

Les citoyens lésés par l’inflation devront donc se contenter du souvenir des billets ayant disparus de la circulation suite à une perte totale de valeur. Ils feraient d’ailleurs des bons joujoux dans une collection : « Ces billets qui nous ont quittés.»

Celui qui illustre cet article (le 50 Francs) ne sera plus là pour longtemps, il serait temps de penser lui faire des adieux tout en réfléchissant sur les alternatives face à ce système qui fait tout pour briser le peu de confiance qui lui reste accordé. Pour nous, la question est vite répondue. Bitcoin fix this !    

 

 

 

 

 


Gloire W

Salut, c’est Gloire

J’entends parler du bitcoin et de sa blockchain en 2014. C’est après la bulle de 2017 que je m’y plonge avec passion, j’en fait mon sujet d’étude.