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Face à révolution Blockchain, l’Afrique encore à la traîne ?

Il y a 11 ans, Satoshi Nakamoto, ce citoyen du monde resté volontairement anonyme a posé les bases de ce qui est devenu une infrastructure technologique dont les usages mettent en jeu une masse de transactions qui ne cesse de croitre considérablement.

 Il s’est même formé une sorte d’unanimité sur le fait que cette innovation a le potentiel d’être au cœur d’une révolution susceptible de provoquer des changements profonds dans plusieurs secteurs. On est tous d’accord qu’en parlant de la blockchain c’est du protocole Bitcoin qu’on parle ! (Et pas de cette révolution blockchain qui n’a du sens que sur le plan marketing.)

Eric Schmidt, président exécutif de Google, admet que "bitcoin est une réalisation cryptographique remarquable…".

Le succès de la doyenne des cryptomonnaies n’est pas passé inaperçu aux yeux de Bill Gates qui parle lui d’un "tour de force technologique".

La grandeur du bitcoin n’est pas restée philosophique. Dans les faits, nous parlons d’un écosystème capitalisé à des centaines de milliards de dollars au moment de la rédaction de ce papier.

Comme toute évolution technologique, son développement et son adoption sont inégalement réparties sur le globe. Certains pays/continents sont en avance par rapport à d’autres.

S’agissant de l’Afrique, plusieurs Etats continuent à tergiverser, laissant les utilisateurs œuvrer sous un vide juridique énorme. Certaines institutions comme la Banque Centrale du Congo n’ont pas hésité à tirer à bout portant sur Bitcoin avant même de chercher à comprendre ce qu’il est, le confondant à tort avec les arnaques en vogue sur la toile. 

Le continent noir invisible sur les radars


  Source : Cambridge Bitcoin Electricity Consumption Index (cbci.org)

Les mines ne sont pas inconnues en Afrique. Si nous prenons l’exemple du Congo-Kinshasa, l’extraction de matières premières est la source principale de financement de l’Etat. La réalité est la même dans plusieurs autres pays comme le cas de l’Angola qui, pour rien au monde ne peut ignorer ses puits de pétrole.

Pourtant, le constat est que l’extraction de l’or numérique reste inconnue en Afrique. Certes, il est extrêmement difficile de mettre la main sur des données précises si on cherche savoir la localisation des mineurs. En effet, nombreux utilisent des techniques permettant de masquer leurs positions. 

L’université de Cambridge a (avec l’aide de pools de minage) géo-localisé les adresses IP des mineurs qui octroient la puissance de calcul à plusieurs pools parmi lesquels Poolin, BTC.com ou encore ViaBtc.

L’étude a concerné environ 37% du hashrate total pendant la période allant entre septembre 2019 et Avril 2020. En visionnant les résultats de cette recherche (sur l’image plus haut), force est de constater que l’Afrique est totalement absente dans le secteur.

Ce n’est pas tout, l’Afrique se démarque par son absence en termes de nœuds Bitcoin comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous.


                                                                        Source : bitnodes

 Un pas dans la bonne direction

Si l’Afrique gagne en dominance, c’est uniquement du côté des volumes de transactions. Les récentes données publiées par Chainalysis classent trois pays Africains parmi ceux enregistrant un volume de transaction plus important au monde. Le Kenya prend le lead Africain en occupant la 5ème place du podium. Il est suivi par l’Afrique du sud qui se positionne à la 7ème place et du Nigéria qui s’en sort 8ème.

Depuis quelques années, l’Afrique manque rarement à l’appel des pays enregistrant le plus de transactions impliquant Bitcoin, un signal positif.


Ces éléments démontrent que malgré les différentes restrictions les populations africaines s’emparent petit à petit de la grande révolution qu’est bitcoin et s’en servent largement pour faciliter les transactions financières. Il est également important de noter qu’il sera très difficile de pérenniser cet élan si les dirigeants Africains n’adoptent pas une attitude positiviste à l’endroit du Bitcoin

On ne peut limiter l’adoption de l’or numérique aux simples transactions financières. Une véritable implication suppose la participation effective dans le développement du protocole ainsi que la mise à contribution de la puissance de calcul nécessaire pour la validation de transactions. Par ailleurs, on conviendra que le fait de faire tourner un full-node chez soi n’est pas un acte de trop !

L’Afrique doit répondre à l’appel naturel à devenir un pôle d’innovation et d’excellence : fini le temps du suivisme enfantin et de la dépendance continuelle.


Moses Kambere

Je suis persuadé que Bitcoin est le vecteur d'une renaissance entrain de prendre forme. Vous devriez me lire souvent pour savoir pourquoi!