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Pourquoi bitcoin est indispensable en Afrique ?

En Afrique, l’accès aux services bancaires n’est pas garanti à tous. Bien qu’il n’est interdit à quiconque d’ouvrir un compte en banque, plusieurs obstacles empêchent les populations à jouir de ce droit fondamental. Les établissements bancaires sont parfois obligés d’écarter l’idée de s’installer dans des milieux ruraux faute d’enclavement ou pour des raisons sécuritaires.

Accès aux services financiers : le prix à payer est énorme


De 2007 à 2017, le taux moyen de bancarisation est passé de 5% à 15% grâce à l’essor du mobile money. Fin 2017 on pouvait comptabiliser jusqu’à 277 millions de comptes mobile money si on se réfère aux données publiées par jeune Afrique.

Dans un rapport du Fond Monétaire International (FMI) cité par l’agence écofin on note qu’en Afrique subsaharienne près de 25% d’adultes disposaient d’un compte mobile money. Selon le même rapport, la Tanzanie occupe la première place en termes de volumes de transactions suivi du Kenya qui reste le pionnier du secteur sur le continent.

Le mobile money est donc venu à la rescousse d’un système bancaire qui peinait à se développer. Malgré cette évolution, plusieurs défis restent à relever pour rendre les services plus attractifs. C’est notamment les frais de transfert qui sont souvent très élevés. Un rapport de la Banque mondiale révèle des frais moyens situés entre 5% et 22% selon les régions. Le coût moyen pour tout le continent est de 7% selon le même rapport.

Cela c’est sans tenir compte de l’existence de plusieurs monnaies. Une petite visite de Wikipédia rappelle qu’il existe plus de 40 monnaies en circulation en Afrique. Plus simplement, cela signifie qu’un apprenti touriste qui veut faire le tour de l’Afrique a 70% de chances d’être confronté au besoin de changer sa monnaie à chaque passage d’une frontière et souvent, les taux de change ne font pas rigoler.

L’inflation absorbe tout intérêt pour l’épargne  


L’une des utilités de la banque c’est le fait qu’elle accompagne ses usagers dans la garde de leurs économies. Quand une personne met l’argent de côté c’est pour un but précis. Par exemple, un salarier peut faire des économies chaque mois dans le but de financer la construction de sa future maison ou pour une autre raison importante. L’argent économisé ne peut être gardé dans un trou au milieu du jardin ou sous un lit pour des raisons notamment sécuritaires. Confier son patrimoine à une banque semble donc plus rationnel.

Malheureusement, les monnaies africaines subissent une dévaluation sans précédent. Un rapport (2017) de la Banque Africaine de Développement (BAD) relayé par l’agence écofin classe l’Afrique championne des mauvais élèves mondiaux en termes d’inflation. Comme vous pouvez le voir sur l’image ci-dessous, le continent noir a enregistré 10.1% de taux d’inflation, un niveau bien éloigné des 5.6% de l’Amérique latine + caraïbes ou des 2.9% affichés par l’Asie.


Les données plus récentes et disponibles sur tradingeconomics ne reflètent pas le contraire. En effet, plus de 50% du top 25 des pays avec un taux d’inflation plus élevé sont Africains avec le zimbabwe comme porte étendard Africain et vice-champion mondial après le Venezuela.

Si on fouille dans les détails, on se rend compte que le pays de Robert Mugabe affiche un taux d’inflation dépassant les 5000% pendant la période allant de Janvier à septembre 2020.

Le soudan qui est troisième mondial affiche quant à lui un taux se rapprochant de 1000% pendant la même période.

Sans entrer profondément dans les détails, le constat est sans appel : l’épargne en monnaies Africaines est la plupart du temps économiquement non viable. Personne ne peut faire des économies dans le but de tout perdre en si peu de temps, cela sans même parler du risque de faillite qui pèse sur plusieurs établissements bancaires.

La dévaluation des monnaies locales pousse les usagers des banques à se fier aux monnaies étrangères comme le dollar américain ; au Congo Kinshasa par exemple, il est possible d’ouvrir un compte bancaire en dollars US, la même chose s’agissant du mobile money.

Le dollar américain, ce seul refuge pour certains, n’est pas à l’abri de la dévaluation et pour preuve : 27% de dollars américains en circulation ont été imprimé en 2020 ce qui laisse entrevoir une perte de valeur sur le long terme ; et la décision de FED (Reserve Fédérale) de laisser courir l’inflation au-dessus de 2% par an n’est rassurante pour personne.

Etant moins exposés à des actifs refuges comme l’or, des millions d’africains risquent de n’avoir aucune alternative viable pour leur épargne.  

Pris au piège entre corruption, censure et monopoles 


Un autre danger vient de la mainmise d’acteurs centralisés sur plusieurs secteurs. « La loi est administrée par les hors la loi », cette phrase résume ce qui nous arrive.

Il est maintenant connu que les politiques, les GAFAM, les banques, ces institutions et entreprises hautement régulées n’œuvrent pas si loin des activités illicites. Ils ont pourtant entre leurs mains le pouvoir d’influer sur nos moindres actions.

La dominance des GAFAM dans l’usage internet freine toute idée d’innovation et est à la base de la censure des opinions sur les réseaux sociaux. Ces mêmes réseaux sont devenus des outils formidables pour faciliter la publicité ciblée qui n’est pas sans conséquences sur nos données personnelles et la transformation de nos petites habitudes.

L’affaire Cambridge analytica rappelle combien de fois nos réseaux adorés peuvent jouer un rôle important dans l’orientation de nos choix électoraux et même pire, ils peuvent servir d’armes redoutables à même d’organiser des vrais lavages de cerveaux.  

Une autre affaire est encore fraiche dans les mémoires : les FinCEN Files, ces documents qui sont tombés entre les mains de BuzzFeed News. Initialement destinés aux services des renseignements américains, Ils révèlent des opérations de corruption et de blanchiment de capitaux avec la complicité des banques de 1999 à 2017.

En termes de chiffres, ce n’est pas moins de 2 100 milliards de dollars qui sont concernés. Comme on dit souvent dans certains coins : seuls les dieux savent à quoi a servi cet argent, mais tous nous savons que les fonds blanchis ont plus de probabilité de servir des causes pas destinées à sauver l’humanité. Ces phénomènes ont une portée mondiale et les Africains n’en sont pas épargnés.

En Afrique et dans certains endroits du globe, des vieux dinosaures règnent en maîtres et résistent encore à l’idée de quitter le pouvoir. Loin de toute attente, il existe des individus dont les caprices ont force de droit. Ils vont jusqu’à prendre le contrôle des secteurs les plus importants de la vie ; leurs pouvoirs dépassent pratiquement celui des institutions.

Le secteur bancaire n’est pas épargné par cette réalité. En 2019, un rapport révélait que le cercle proche de Joseph Kabila, ancien président de la République Démocratique du Congo, était sur le point de prendre illégalement le contrôle de plus d’un quart du secteur bancaire dans le pays. La portée du pouvoir qu’ils auraient pu accumuler pour faire pression sur les voix qui s’opposent est inimaginable.

Un autre exemple plus récent est celui du Nigéria où les comptes bancaires du mouvement féministe à la base des rassemblements exigeant la dissolution des SARS, une unité de police impliquée dans des violations graves des droits humains, se sont vu être gelés, signe que la mainmise des politiques sur le système bancaire peut entrainer à la confiscation des avoirs de tous ceux qui s’opposent, ce qui constitue un danger majeur pour la liberté d’expression.

Il existe des tonnes de révélations similaires. Nous n’allons pas mettre tout notre temps à les raconter.  Notre attention est particulièrement attirée par les conséquences que l’existence de tels cartels peut avoir sur les citoyens lambda.

Certes, il n’est pas facile de mesurer l’impact subi au niveau individuel mais l’on peut se rendre à l’évidence que le fait que la corruption soit soigneusement entretenue au sommet des institutions censées protéger les citoyens signifie que ces mêmes institutions font partie des acteurs majeurs à la base des activités illicites, ces mêmes activités dont ils sont censés nous mettre à l’abri. 

Et Bitcoin dans tout ça ?

Au-delà des bienfaits qu’on peut reconnaitre à internet et aux banques, ils sont à la base de l’émergence de l’un de gros cartels jamais connu dans l’histoire et protégés par la loi.

L’excès de centralisation a conduit à une dictature bien dissimulée au sein même des démocraties les moins mauvaises. Chaque voix qui se lève a la garantie d’être combattue par tous les moyens à disposition des politiques et des grandes entreprises. Les cas de Wikileaks et Snowdon sont des exemples historiques. 

Au cœur de cette incertitude, bitcoin se pointe pour rappeler que ce système n’est pas invincible. Face à l’univers bancaire, qui chaque matin abuse de la confiance qu’on lui accorde, Nakamoto a légué à l’humanité un système financier loin du contrôle d’un organe central et qui donne à chaque individu le pouvoir de participer à tous les niveaux de gouvernance et d’être le seul à décider du sort de ses avoirs.

Bitcoin n’est soumis à aucune censure. Son transfert ne demande qu’un smart phone, des frais de transactions peu élevés qui n’engraissent aucun organe central et une signature avec une clé privée, symbole de souveraineté individuelle.

Il se positionne comme une alternative face à un système financier dont les bavures ne sont plus à expliquer, à une inflation qui est là pour durer et plus encore, au-delà des aspects financiers, comme modèle fonctionnel d’un moyen efficace pour défier les pouvoirs politiques totalitaires, les technologies centralisées qui s’accaparent d’internet… ! Bitcoin est clairement le porte étendard d’une lutte, celle de redonner le contrôle non au peuple mais à chacun d’entre nous.




Gloire W

Salut, c’est Gloire

J’entends parler du bitcoin et de sa blockchain en 2014. C’est après la bulle de 2017 que je m’y plonge avec passion, j’en fait mon sujet d’étude.