Histoire du Kwacha, la monnaie Zambienne     

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Après l’éclatement de la fédération de Rhodésie et du Nyassaland en 1963 (selon wikipédia) l’ancien protectorat britannique de Rhodésie du Nord, l’actuel Zambie, avait conservé la même monnaie, la livre de Rhodésie

A son accession à l’indépendance, le pays change de nom et devient la Zambie en référence au fleuve zambèze. La Zambie émet alors sa toute première monnaie, la livre Zambienne, en 1964. Elle sera ensuite remplacée par le Kwacha en 1966. 

Petite histoire du Kwacha : de l’inflation à l’effondrement 

Le mot “kwacha vient de la langue nyanja et signifie aube. Il ferait allusion au slogan patriotique zambien une nouvelle aube de liberté.   Introduite en 1966, le kwacha était lié à la livre sterling. Mais tout changea en 1971. 

Alors que la fin d’un monde monétaire arrivait suite à l’abandon des accords de Bretton Woods, qui marquait la fin de la convertibilité du dollars américain en or, la valeur du kwacha cessa d’être adossée à la livre anglaise. 

Cela déclencha une période mouvementée caractérisée par une inflation violente. En 1987, l’inflation atteint un taux de 123%. Malgré quelques  efforts vains, le kwacha affiche à nouveau un taux d’inflation de 107% en 1990

Cette période arrivait après plus d’une décennie de croissance et de bien-être des années 1970. Elle provoqua la révolte d’une population exacerbée par un coût de la vie qui n’arrêtait pas de grimper. L’effondrement du kwacha engendra la chute du cours du cuivre sur le marché international, ce qui accentua la crise au Zambie.   

Pendant plusieurs années, la Zambie introduit de nouvelles coupures de billets pour tenter de rendre sa monnaie plus accessible. Un billet de 50 000 kwacha est émis en 2003. 

En revanche, toutes les tentatives de sauver la monnaie zambienne se sont soldées par un échec. Le Kwacha (ZMW) n’a connu qu’une grande réforme en 2013, date à laquelle le nouveau kwacha zambien valant 1000 anciens kwachas fut introduit.

Mais depuis, comme le montre le graphique ci-dessous, il a perdu 70% face au dollar américain, qui est lui aussi en perte de vitesse. Depuis 1970, il a perdu près de 99% face à l’or et plus de 15% ces dix dernières années. 

(graphique ZMW USD)

ZMW/USD – source: tradingview

Une monnaie “trop faible” dans l’un de pays les plus stables en Afrique

La Zambie est un des rares pays de l’Afrique Subsaharienne avec un taux de chômage inférieur à 20%. En effet, malgré le ralentissement de la croissance économique depuis 2015 le taux de chômage dans le pays a continué de baisser, atteignant 17,4% en 2019 contre 12,6% deux ans plus tôt, en 2017.  

La décroissance de ces dernières années est due d’abord à la chute du cours des métaux précieux. La situation a ensuite été aggravée par la récente crise déclenchée par la pandémie du Covid-19. En 2019, le taux d’inflation atteignait 15,2% contre 15,7% en avril 2020.

En 2021, la monnaie zambienne a plus au moins résisté contre l’inflation, comparé aux années précédentes. Au mois de janvier, elle s’est dévaluée de 3,7%, 2,2% en avril, 0,3% en juillet et 4,1% en septembre. 

Pendant la même période, les Etats-Unis dont dollar est resté la référence mondiale, ont affiché un taux d’inflation de 5,4% en juillet et 5,3% en Août.

Cette résilience de l’économie zambienne et de sa monnaie peut s’expliquer par un effort de diversification de l’économie. Depuis 2010, de nouveaux secteurs comme le transport, la construction et la communication sont en pleine croissance. Mais cela ne suffit certainement pas pour garantir au kwacha un avenir meilleur

Quel avenir pour la monnaie Zambienne ?

La monnaie est un des outils nécessaires pour la souveraineté. Une monnaie dure est source de prospérité pour une nation. Les l’avaient pourtant bien compris : le nom même de leur monnaie le “kwacha” signifiant “aube” aux premières années de son indépendance en dit long.

Si l’on regarde de près la dévaluation des monnaies depuis l’abandon de Bretton Woods, il est certain que l’inflation fait partie du plan. Mais cela ne va certainement pas durer une éternité. 

Trop d’émission monétaire mène toujours à l’effondrement d’une économie. Le vénézuela et le Zimbabwe sont des cas d’école à ne pas négliger.  

Depuis la crise du Covid-19, l’inflation est redevenue un des sujets les plus importants. Il devient de plus en plus évident pour tous que maintenir un semblant de croissance en imprimant plus de monnaie n’est pas une mesure durable pour la stabilité de l’économie. 

La majorité de monnaies, y compris les plus solides, perdent actuellement leur pouvoir d’achat beaucoup plus rapidement. Au point où nous en sommes, il faut croire qu’une véritable “aube” verra le jour lorsque la gestion de la monnaie sera séparée du pouvoir politique et des dirigeants véreux.

Peu importe les efforts de bonne gestion, la Zambie ne peut pas, pour l’instant, échapper aux turbulences sociales causées par l’inflation des prix et la dépréciation de la monnaie. Il n’est plus rationnel de faire confiance à la capacité de l’État à faire de la monnaie un véritable outil de stockage du travail et donc de l’énergie sur le long terme. Un nouveau modèle s’impose. 

Moses

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